L'info de la semaine

Je soutiens Uber et j’assume !

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Vous avez sûrement du lire la lettre ouverte d’un usager contre un taxi la semaine dernière. Cette lettre a fait le tour des réseaux sociaux. Vous avez aussi sûrement entendu parlé des conducteurs Uber qui se font attirer dans des guets-appends par des chauffeurs de taxis qui leur font subir toutes sortes de sévices: de l’arrestation par la police au lynchage collectif.

Je soutiens ouvertement Uber et j’ai eu envie de vous expliquer pourquoi en vous démontrant que les chauffeurs de taxis ont loupé le virage du numérique, un peu comme Kodak l’avait fait en son temps.

 

L’immobilisme des taxis m’exaspère !

C’est sûrement ce qui m’énerve le plus dans cette « grogne des taxis » comme les médias aiment appeler ces manifestations des conducteurs de taxis: l’immobilisme dont fait part cette profession. Au sens propre comme au figuré !

Si vous aussi vous passez régulièrement dans des gares ou aéroports, vous avez surement déjà constaté les immenses files de taxis qui attendent qu’un client se pointe. Ces files d’attentes regroupent des dizaines (centaines ?) de taxis qui attendent des heures que ça soit (enfin !) leur tour pour un client. J’en arrive même à croire qu’un conducteur de taxi passe plus de temps à attendre un client que de le conduire.

Or, comme dit le dicton, le temps c’est de l’argent. Ainsi, c’est forcément le client final qui paiera pour ces longues heures passées à ne rien faire (si ce n’est de parler avec leurs « collègues »). D’où la grogne cette fois-ci des usagers contre les taxis qui voient leur facture largement diminuer lorsqu’ils font appel à Uber.

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Le concept d’Uber supprime les temps morts

Car c’est bien cela qui fait le succès d’Uber, que ce soit pour les usagers que pour les conducteurs: il n’y a plus de temps mort et chaque minute est bien utilisée (donc moins chère). Quand les taxis perdent des heures à attendre un client, les conducteurs Uber retrouvent rapidement, après avoir déposé leur client, le prochain client qui est dans leur périmètre. Et ce, grâce à la géolocalisation.

D’ailleurs, au lieu de râler contre l’application de géolocalisation d’Uber, les taxis feraient mieux d’en développer une et de la promouvoir auprès des usagers. Ils passeraient surement moins de temps à discuter entre eux et un peu plus à travailler !

Les taxis parisiens choisissent leurs courses… c’est illégal !

C’est ce qui m’énerve le plus dans l’attitude des taxis. Tout le monde dit qu’ils sont mal aimables, moi je pense qu’ils sont le reflet de ce qu’un client lui renvoi: si le client est cool, le taxi est plus détendu. L’inverse est aussi vrai selon moi.

Non, ce qui m’énerve vraiment dans l’attitude des taxis, c’est leur non respect de la loi: un taxi n’a pas le droit de refuser une course. Et malheureusement, je suis persuadé que si vous lisez cet article, ça vous est déjà arrivé.

L’exemple typique: il m’est arrivé de sortir de soirée à Paris et de tenter de récupérer un taxi pour rentrer chez moi. Le problème, c’est que j’avais le malheur, à l’époque, d’habiter en banlieue proche (j’avais pourtant le métro). Et ça, un conducteur de taxi, ça aime pas ! Du coup, de nombreuses fois, le taxi refusait fermement et repartait aussitôt ! Sympa !

A tel point, que j’ai fini par rentrer dans les taxi qui s’arrêtaient et, une fois assis, j’annonçais ma destination pour l’imposer au taxi. C’est quand même abusé d’en arriver à de telles extrémités !

Tampon refusé sur fond blanc 1

Un conducteur Uber est pénalisée s’il le fait

Là encore, Uber impose une nouvelle norme: si le conducteur refuse la course, il est pénalisé. Et s’il refuse trop de courses, il sera suspendu et ne pourra plus conduire sous la bannière d’Uber. D’ailleurs, un conducteur d’Uber a été suspendu par l’application car il avait refusé de prendre un couple homosexuel. Avec Uber, fini d’attendre qu’un taxi daigne te ramener chez toi.

D’autant qu’Uber, par son système de notation permet à ses clients de voir les commentaires sur le chauffeur Uber avant de le sélectionner. Ainsi, un client peut, avant même de commander une course, voir si les anciennes courses du chauffeur se sont bien déroulées (ou non). Et comme les avis sont publics, le chauffeur à tout intérêt à ce que la course se passe bien.

Là encore, à l’heure où les avis clients sont de plus en plus pris en compte par les consommateurs, les taxis ne réagissent pas pour mettre en valeur leur profession. Je suis sûr qu’il y a de nombreux taxis qui font bien leur travail. Le problème, c’est qu’ils pâtissent de l’attitude de certains d’entre eux qui salissent la profession en profitant de l’anonymat et de la sécurité que leur confère leur voiture.

 

Le prix d’une course, c’est random-party !

Avez-vous déjà compris comment fonctionne le tarif d’une course en taxi ? Moi, j’ai eu beau tenter de trouver une solution, le prix d’une course en taxi reste un vrai mystère !

Ca commence dès l’entrée dans le taxi: le chiffre affiché sur le compteur est toujours différent. De nuit comme de jour, le chauffeur de taxi appuie sur un bouton et un chiffre apparaît. D’où vient-il ? Pourquoi progresse-t-il aussi vite alors que généralement c’est plus lent ? Pourquoi la même course la semaine dernière m’a coûté 10€ de plus ?

Franchement, avouez qu’il y a plus claire comme politique de prix !

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Uber fixe un prix à la minute et au kilomètre

Uber a bien compris l’opacité des prix des courses. Du coup, Uber a décidé d’imposer des prix fixes à tous ses conducteurs: 0,15 centimes par minutes et 0,95€ par kilomètre. POINT !

Plus de compteurs bizarres, Uber assure à ses clients un prix fixe pour un même trajet, quel que soit l’heure, le temps ou les besoins financiers du conducteur. Et ça, je dois vous avouer que c’est vraiment plus claire !

D’autant qu’Uber est le tiers de confiance entre le conducteur et le client: Uber récupère le paiement du client, prend sa commission et reverse le reste au chauffeur. Tout le monde est content !

 

Un chauffeur taxi se fait trop souvent exploité

Dernier élément qui me fait soutenir Uber face à la grogne des taxis: l’exploitation dont fait preuve cette profession.

Si vous ne connaissez pas le merveilleux monde des chauffeurs de taxis, voici ce qu’ils vivent au quotidien: un chauffeur de taxi doit avoir une licence pour être considéré par ses pairs. Le problème, c’est que c’est l’Etat Français qui gère l’attribution de ces licences. Sentant la bonne affaire, l’Etat a donc mis une sorte de numérus closus sur les licences de taxis afin de limiter leur nombre. Le problème, c’est que c’est comme pour les médecins, l’Etat a complètement sous-évalué le nombre de licences à distribuer.

Et qui dit pénurie, dit envolé des prix ! Du coup, un chauffeur de taxi qui a la « chance » d’acheter une licence pour conduire une simple voiture, se voit accoler un crédit de près de 250 000 euros (soit le prix d’une maison en province ou d’un studio à Paris) qu’il doit rembourser en 7 ans seulement ! Imaginez si on vous demandait de rembourser votre maison en 7 ans…

Mais le pire dans cette histoire, c’est qu’en créant ce système de licence, l’Etat a créé un système où de grosses entreprises (qui ont donc les moyens de payer les sommes exigées pour des licences) achètent ces licences cash et exploitent des chauffeurs de taxi en la leur louant, à prix d’or encore une fois. Ainsi, l’Etat a créé une caste qui profitent de privilèges…

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Uber donne sa chance à tout le monde !

La encore, Uber révolutionne le secteur en permettant à tous de devenir chauffeur. Un peu comme McDo qui incite ses clients à venir « tels qu’ils sont ». Plus de barrières à l’entrée, plus besoin de payer des sommes faramineuses uniquement dans le but de travailler (payer pour travailler… c’est original !).

 

Le progrès contre l’immobilisme, éternel conflit…

J’évoquais en début d’article la chute de kodak qui n’avait pas voulu prendre en compte le risque de l’arrivée des appareils photos numériques. Kodak avait refusé le progrès techniques car il n’allait pas dans son sens: qui dit vente d’appareils numériques, dit chute des ventes de films photos et donc destruction du business model de Kodak.

J’ai l’impression que les chauffeurs sont en train de faire la même erreur: ils se trompent de combat ! En s’attaquant à Uber au lieu de modifier la façon dont ils voient le métier de chauffeur de taxi, ils vont à leur perte. Car on ne peut pas empêcher le progrès, surtout quand ce même progrès est plébiscité par les consommateurs.

Une question intéressante à suivre dans les prochaines semaines: comment l’Etat va-t-il faire face à cette fronde des taxis alors même que la vente de licences est une vache à lait pour son budget ?

A propos de l'auteur

Sébastien BLERIOT

De retour d'une (folle) année d'expatriation au Canada, j'accompagne désormais l'organisme de formation ELEGIA dans sa stratégie digitale.
Evoluant en e-commerce depuis plus de 7 ans maintenant, j'ai profité de mes différentes expériences chez Rueducommerce et Next Interactive (BFM TV, RMC, 01net) pour développer mon expertise de la vente en ligne.
J'accompagne régulièrement des e-commerçants dans l'optimisation de leur stratégie e-commerce.

3 commentaires

  • bonjour, fan d’Uber, j’ai quand même voulu tester une appli concurrente, celle de G7 (ecab). Et bien, ce qui ne m’était jamais arrivé avec Uber, le taxi m’a fait attendre 15 minutes pour ensuite annuler la course au dernier moment, alors que j’avais un avion à prendre. Fini Ecab, je continue avec Uber.

  • Bonjour Sebastien, je sais que au Bresil il existe un crtain nombre d applications mobile pour trouver le taxi le plus proche, comme easytaxi.com entre autres
    http://info.abril.com.br/noticias/blogs/download-da-hora/iphone/5-apps-para-encontrar-um-taxi-pelo-smartphone/

    Il existe aussi des entreprises specialisees dans le secteur feminin avec des voitures conduites par des femmes pour passagers femmes, que si j ai bien compris, marchent tres bien pour eviter certains abus.

    Juste une petite info que vous pourrez creuser plus… c est a kodak le brevet du premier ou un des premiers appareils numeriques… je l ai vu a la tele dans un diccumentaire sur ke sujet, un truc enorme avec des anciens ordinateurs… mais si j ai bien compris l histoire… ils n ont pas cru a leur invention…. ils pensaient que l attachement des gens au papier (comme pour les cartes postales) qu on montre en famille et garde dans une boite …

    Vous nous direz plus tard comment ca se passe au quebec

  • salut Sébastien,

    Très bel article structuré et bien construit. Je partage ton avis; les chauffeurs de taxis n’ont malheureusement pas vu leur environnement évoluer et les attentes de leurs clients…

    Bizarrement je pense que ça ferait moins de mal dans une ville comme Montréal ! Il y a des taxis partout, sympas et à n’importe quelle heure même quand il fait -20 degrés !

    A bientôt ;)

    Célian

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